29/08/2005

 chere fille

Chere fille...

Le jour où tu trouveras que je suis devenu très vieux,

essaie d’avoir un peu de patience envers moi

et essaie surtout de me comprendre.

Cher fille...

 

Si je répète la même chose des dizaines de fois, ne m’interromps pas ! 

Écoute-moi !

Quand tu étais petite, tu voulais que je te lise la même histoire,

soir après soir, jusqu’à ce que tu t’endormes.

 

Si je ne me lave plus aussi souvent sous la douche,

ne me réprimande pas et ne me dis pas que c’est une honte.

 

Souviens-toi combien de raisons je devais inventer

pour te faire prendre un bain quand tu étais petite

 

En voyant mon ignorance vis-à-vis les nouvelles technologies,

ne te moque pas de moi mais laisse-moi plutôt le temps

d’assimiler tout ça et de comprendre.

 

Je t’ai appris tant de choses… bien manger… bien t’habiller…

bien te présenter… comment confronter les problèmes de la vie…

"Le jour où tu trouveras que je suis devenu très vieux,

essaie d’avoir un peu de patience envers moi

et essaie surtout de me comprendre."

 

S’il m’arrive à l’occasion de manquer de mémoire

ou de ne pouvoir suivre une conversation…

laisse-moi le temps nécessaire pour me souvenir…

et si je n’y parviens pas, ne deviens pas nerveuse et arrogante…

car le plus important pour moi, c’est d’être avec toi et de pouvoir te parler.

 

Si je refuse de manger, ne me force pas !

Je sais très bien quand j’ai faim et quand je n’ai pas faim.

 

Quand mes pauvres jambes ne me permettront plus

de me déplacer comme avant…

…tends-moi le bras comme je tenais tes petites mains

pour t’apprendre à faire tes premiers pas.

Et quand un jour, je te dirai que je ne veux plus vivre…

que je veux mourir… ne te fâche pas… 

car un jour, tu comprendras aussi à ton tour !

 

Essaie de comprendre qu’à mon âge, on ne vit plus vraiment.

On survit simplement

Un jour, tu comprendras que malgré toutes mes erreurs,

j’ai toujours voulu ce qui était le mieux pour toi et que

je te préparais le terrain pour quand tu serais grande.

 

 

Tu ne dois pas te sentir triste, malheureuse ou incompétente

face à ma vieillesse et à mon état.

Tu dois rester près de moi, essayer de comprendre

ce que je vis, faire de ton mieux comme je l’ai fait à ta naissance.

 

 

Aide-moi à marcher… aide-moi à terminer ma vie avec amour et patience.

 La seule façon qu’il me reste pour t’en remercier, c’est un sourire et

beaucoup d’amour pour toi.

 

Je t’aime… ma fille !

 

Ton père.




14:55 Écrit par guitou | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

très beau ton texte mais surtout ta sensibilité à laquelle j'en suis certain ta fille ne peut que répondre par un "je t'aime". kiss

Écrit par : mik | 29/08/2005

quel texte émouvant comme tu peux si bien les écrire, j'aurais aimé que mon papa puisse devenir ' vieux"..............

Bisous toi et à bientôt

Écrit par : eyes | 29/08/2005

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